Je crois que l’on est pas mal à se poser la question du sens de nos jobs à l’heure actuelle.
Cette question je me la posais tous les matins depuis un an, ayant pris conscience de l’urgence climatique et sociale dans laquelle nous étions. Je n’arrivais plus à me lever en me disant que j’allais mobiliser mes neurones pour faire vendre des cosmétiques en ligne.

J’étais dans une grosse boite internationale, à un poste stratégique, je pouvais me dessiner sans problème une carrière toute tracée.
Mais je n’y arrivais plus, alors en janvier 2019, j’ai tout quitté.

Ce que je vais vous raconter maintenant c’est la suite. Parce que c’est bien beau de suivre ses convictions et de ne pas s’enterrer dans un job auquel on ne croit plus, mais une fois qu’on l’a laché, qu’est ce qu’on fait ?

Et bien déjà, on prend le temps. Le temps de digérer, les 12 dernières années, ce parcours, ce qui nous a mené là, pourquoi ça s’est passé comme ça.
J’ai passé plusieurs mois à mater des séries Netflix, à dormir, à me promener, à aller à la piscine ou au ciné.
Au début on ne va pas se mentir, ça fait culpabiliser. On se dit qu’on n’a pas le droit de tout lacher, que pendant ce temps les autres continuent, qu’on va avoir un trou énorme dans son CV. Mais cette culpabilité, on finit par la dompter. Des pauses dans la vie, on n’en aura sûrement pas souvent, alors quand elles se profilent, il faut en profiter !

En parallèle, j’ai ouvert le blog, le compte Instagram puis le podcast Histoire Seconde, parce que je voulais partager ma démarche de ne plus acheter de neuf.
Expliquer que le vieux pouvait être tendance, cool et sexy, donner envie de ne plus passer la moitié de son salaire en fringues et de consommer moins tout en réduisant notre impact. Je ne savais pas trop où ça allait me mener, mais je trouvais le projet chouette et il me portait.

J’ai aussi suivi des formations sur la création d’entreprise, après 12 ans en agence et chez l’annonceur je savais que je voulais tourner la page. Le management et les ambitions de ces boites ne me correspondaient plus, j’étais trop vieille pour la start-up nation, j’avais envie d’un projet sans levée de fond, sans pitch, sans MVP, un projet à mon échelle, qui me permette juste de vivre équilibrée.

Se pose aussi forcément la question de l’argent. En quittant mon job j’avais super peur de perdre en salaire et qualité de vie. Le chômage m’a permis de me rendre compte que j’étais capable de vivre avec bien moins, sans en souffrir et que c’était ok.
J’ai défini ce dont j’estimais avoir besoin pour vivre au quotidien et comme je suis plus heureuse, je compense moins.

J’ai découvert que l’on était hyper bien accompagné dans la création si l’on prenait le temps de chercher un peu. BGE, Chambre de commerce, Pôle Emploi, Cité des métiers, tout un tas d’outils et de programmes sont à dispo en fonction de ce que l’on cherche.

J’ai pris quelques détours, je me suis dit que le vêtement n’avait pas un impact suffisant et que quitte à tout changer je devrais bosser dans l’aide aux migrants, la pédagogie autour des enjeux et urgences actuelles…. Je n’arrêtais pas d’ouvrir des portes, les possibles étaient beaucoup trop nombreux.

Heureusement pendant tout ce temps, j’ai été accompagnée, par mon mec, mes amis et ma psy. J’ai commencé mon travail avec elle quand les démarches pour quitter mon job sont devenues vraiment lourdes et compliquées.
Cette vision extérieure me recadre, me déculpabilise, me recentre et me force à avancer. Lorsque l’on est seule face à un champs des possibles illimité c’est parfois compliqué de s’y retrouver et surtout de ne pas revenir en arrière, dans un cadre connu et plus facile à gérer.

Bref si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à vous faire accompagner, et surtout n’hésitez pas à en parler, on a beaucoup trop de tabous sur beaucoup trop de sujets !

Février 2020, j’y vois plus clair.
J’ai choisi Histoire Seconde, parce que c’est l’Histoire que je veux raconter. Je vous proposerai bientôt des sélections de vêtements vintage accessibles et tendances.
Je les ai tous choisi pour que vous puissiez vous amuser avec votre garde-robe, en payant les mêmes prix qu’en Fast fashion. Vous serez tout aussi tendance en ayant des pièces qui n’engendrent aucune nouvelle production et qui ne demandent qu’à vivre une nouvelle vie…
Ma première vente aura lieu le 14 mars à la Recyclerie avec le Collectif Court Circuit. On vous prépare un chouette programme vintage et Made in France dont je vous reparlerai.
Et puis j’aimerais aussi vous accompagner davantage dans la démarche de ne plus acheter de neuf. Alors je vais vous proposer plein de trucs très prochainement, entre copines ou en individuel, le soir ou le weekend, en fonction de vos envies et toujours de manière ultra décomplexée. Tout cela n’est que de la mode alors autant s’en amuser !

Bref voilà, tout commence et pourtant tout est encore si flou ! Je ne sais pas ce qui marchera ou non, si tout ce que je vais vous proposer vous plaira, vous servira, si je pourrais vivre concrètement de ces nouveaux projets !
Et ça forcément ça fait encore flipper.

Comme je le disais dans mon bilan de janvier, 2019 a été l’année de la transition, 2020 sera celle de la concrétisation.
Echec ou réussite on verra et au final ce n’est vraiment pas le plus important !
Ce qui compte c’est le chemin et de ne pas avoir de regrets.
Si tout cela n’est pas viable je me fais confiance pour rebondir. Mais au moins je l’aurais fait ! Et puis surtout, je me serai réalignée, avec mes convictions, mes valeurs et les messages que je veux porter.
Et ça clairement, ça n’a pas de prix.

p.s : si vous voulez écouter de chouettes parcours de reconversions je vous conseille le podcast des Déviations, celui de Paumé.e.s par Make Sense et Vécus par Ticket for change.

2 thoughts on “ Quitter mon job : bilan un an après ”

  1. Bonjour, je te remercie pour cet article, qui me parle tellement. J’en suis émue en relisant tes lignes. Après 18 ans en tant que cadre dans une grande banque, j’ai choisi également de tout stopper pour enfin vivre en adéquation avec mes valeurs, redonner un sens à ma vie, choisir mes priorités. Et j’ai repris un dépôt vente de vêtements, dans lequel j’essaie de mettre en valeur tous les jours les belles pièces de mes déposants. C’est vrai que le parcours est parfois long, je me suis sentie souvent seule dans cette aventure, que mes revenus ne sont plus les mêmes, mais au final quel plaisir de se dire qu’on l’a fait, qu’on l’a tenté. Je te souhaite une belle réussite pour 2020. Bien à toi Sandra

  2. Merci et bravo ! Bravo pour avoir eue le courage, merci de proposer des idées capsules qui sortent du gris blanc bleu, noir gris blanc récurantes et tristes (pour moi). J’aime vos stories insta qui m’inspirent et me rassurent dans mes choix d’imprimés mélangés et colorés, toute en essayant de les garder en capsule (réduire mes achats). Et ce dans un monde corporate que j’aimerais beaucoup quitter mais où je manque le courage justement… peut être un jour ? En attendant, tellement contante d’avoir trouvé votre travail !

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