Disclaimer, je n’ai pas de recette magique mais quelques expériences perso qui je l’espère, pourront vous aider à dire progressivement non à Zara, H&M, Mango et tous leurs petits potes.

On ne va pas se voiler la face, la fast comporte bien des avantages pour toute personne aimant la mode :
– elle est accessible et propose des pièces à petit budget.
– elle permet d’accéder à toutes les tendances drivées par les grands créateurs.
– elle est partout, chaque coin de rue de France nous permet d’assouvir un désir impromptu de shopping grâce à ces enseignes.
– elle est capable de satisfaire le plus grand nombre en un point de vente. Femme, homme, enfant, quel que soit votre style tout est à disposition.

Tout cela je ne peux pas le nier. Par contre je peux tenter de vous proposer des solutions annexes et de vous expliquer comment j’ai trouvé la force de résister à la Fast !

Etape 1. Arrêter d’entrer dans les boutiques (et d’aller sur les sites)
Logique, si vous n’entrez plus dans les boutiques, vous ne risquez plus d’acheter. C’est imparable. La première chose à faire pour moi a donc été de ne plus me confronter à la tentation.
Comme un(e) ex qui nous aurait fait souffrir. Pendant quelques mois il vaut mieux ne pas le(a) croiser, pour ne pas rouvrir la plaie que l’on s’emploie jour après jour à soigner.

Etape 2. Comprendre pourquoi cette envie d’achat
Oui parce qu’elle vient d’où cette plaie ? Pourquoi ce désir irrépressible de shopping ?
Bien souvent j’avais tendance à m’offrir un truc pour me remonter le moral, pour me féliciter d’une réussite quelconque ou encore pour combler l’ennui, « tiens je ne sais pas quoi faire, si j’allais faire un tour dans les boutiques ? ».
Ou alors j’avais été tentée par une publication Instagram et je voulais céder à la tendance du moment sans y mettre un prix aberrant.

Etape 3. Se trouver un mécanisme de compensation
Une fois vos principales raisons d’achat identifiées, il est beaucoup plus simple de compenser.
De mon côté, pour tout ce qui est remontage de moral, félicitations et ennui, j’ai trouvé un moyen hyper simple de compenser : l’alcool.
Mais non, rassurez-vous, par contre les potes fonctionnent bien !
Nos joies, nos peines, nos moments de vide, on ferait mieux de les partager avec les gens que l’on aime au lieu d’une pièce de tissu dont on sera lassé dans 2 semaines.
En gros j’ai essayé de ne plus relier systématiquement la joie/le bonheur à l’achat, et ce n’est pas si simple parce que l’on est vraiment habitués à consommer.

J’ai également traité la cause de mon mal-être à la racine en quittant mon job.
Ca m’a fait beaucoup de bien et j’ai eu tout de suite beaucoup moins envie de compenser par la consommation.


Pas forcément besoin d’être si radical.es, vous pouvez aussi décider de remettre des activités n’induisant pas de consommation dans votre quotidien.
Par exemple du sport, de la cuisine, des cours de musique, de dessin, des concerts, des moments avec vos amis…
Bref tout ce qui sera susceptible de vous faire plaisir et vous nourrira bien plus qu’une énième nouvelle blouse en dentelle.

Je me suis aussi renseignée sur les méthodes de production et les conditions de travail des salariés de la fast fashion.
Clairement c’est ce qui me permet de garder ma motivation intacte. Je ne veux plus participer à l’exploitation de personnes sous payées travaillant dans des conditions insalubres, ni à l’utilisation de tonnes de litres d’eau et de traitements chimiques pour avoir 3 t-shirts de plus.

Etape 4. Comprendre un peu mieux son style
J’ai fait un énorme tri dans ma penderie (je vous invite à consulter cet article si vous voulez faire de même) et pendant ce tri je me suis demandée quelles étaient les pièces que je portais vraiment ? Quel était mon style au quotidien, et de quoi j’avais vraiment besoin pour faire le vide sans pour autant me renier.

Analyser sa penderie et les pièces que l’on met souvent, permet de découvrir ou d’affiner son style avec un peu plus de recul.
Une fois que l’on se connait, on sait de quoi on a vraiment besoin et ce dont on peut clairement se passer. Peu à peu on évite les achats impulsifs et les pièces non portées.


Etape 5. Faire des listes de besoins
Une fois votre dressing dégrossi, je vous conseille de faire une petite liste de ce dont vous avez vraiment besoin ou envie.

Mettre par écrit mes envies me permet de les mûrir et de les rationaliser.
Si je note « un top en broderie anglaise », je me laisse ensuite le temps de chercher la pièce parfaite au prix parfait et si quelques jours/semaines plus tard j’ai toujours envie de cette pièce, je l’achète.
Prendre le temps désamorce bien souvent les pulsions. Et je me suis rendue compte que je n’étais pas plus triste parce que j’avais renoncé à telle ou telle envie.

Etape 6. Entrer à nouveau dans les boutiques, mais juste pour regarder
Ce n’est pas une étape incontournable mais elle me fait du bien. Cela me permet de rester en prise avec la mode et les tendances tout en ne consommant pas.
Si c’est trop tôt et que vous sentez que vous allez flancher, ne le faites pas bien sûr ! Le but n’est pas de vous frustrer.

Etape 7. J’en ai encore envie, qu’est ce que je fais ?
Si après tout ça vous avez encore envie de craquer pour la fast fashion pas de panique ! Déjà vous en avez le droit, mais maintenant vous le ferez en conscience, en sachant ce qu’induit votre achat et le système dans lequel il s’inscrit. Et peut-être que petit à petit vous n’aurez plus envie de contribuer à ce système.


Ensuite, je me répète mais ayez le réflexe seconde main !
Il sera toujours mieux d’acheter du H&M sur Vinted plutôt qu’en boutique. Quand on voit le nombre de personnes qui revendent des fringues neuves avec étiquette… Elles ont été produites, vendues, alors autant qu’elles servent vraiment.
L’important selon moi c’est de ne plus surconsommer, de limiter notre nombre de vêtements et de les user, de les faire vivre le plus longtemps possible.
L’un des problèmes majeurs de l’industrie de la mode est le raccourcissement du cycle de vie du produit.

Donc on achète moins et mieux 🙂

Etape 8. Ne pas se juger
Oui parce que franchement on a déjà suffisamment à faire avec le taf, la famille et toutes les injonctions quotidiennes. C’est important d’agir, je ne vais pas le nier. C’est important de se renseigner, de savoir comment tout cela fonctionne et les coulisses de cette industrie, mais personne ne va vous fustiger si vous mettez un peu de temps à changer des habitudes de consommation qui sont ancrées en vous depuis des années.

Voilà ! Bien sûr ces petites étapes ne sont pas à suivre au pied de la lettre. L’idée était plus de nourrir votre réflexion et je serai ravie si vous décidez de piocher dans tout cela pour revoir votre approche de la mode.


Tenez-moi au courant si c’est le cas, on se serrera les coudes entre repenties de la fast !

3 thoughts on “ Comment ne plus céder à la tentation de la fast fashion ? ”

  1. Je remarque que j’ai à peu près les mêmes stratégies que toi ! Je liste mes besoins de la saison (parfois, je n’en ai pas) et je fais déjà les site de friperie ! Sinon, il m’arrive de faire les magasins mais je ne prends pas ma carte bancaire sur moi pour ne pas céder par pulsion ^^ Si coup de coeur, j’attends pour voir s’il est durable et s’il peut aller avec le reste de mes fringues !
    Line de https://la-parenthese-psy.com/

    1. Pas mal la stratégie de ne pas prendre sa carte pour ne pas être tentée 😀
      J’ai l’impression d’être entrée dans un cercle de réduction et simplification extrème, ça me fait limite plus plaisir d’arriver à me séparer d’une pièce que d’en acheter une nouvelle !
      En tout cas continue les efforts, c’est trop chouette d’être dans cette démarche !

  2. Comme tu dis, il ne faut pas se flageller non plus…
    Perso, il m’arrive de temps en temps (4 ou 5 fois par an on va dire), d’acheter quelque chose chez H&M et je ne m’en veux pas parce que c’est quelque chose que j’ai voulu et réfléchi, et que je n’ai pas trouvé en seconde main. Et surtout, comme c’est quelque chose que je porte et que je rentabilise, je trouve que c’est un bon achat (ça vaut aussi pour l’achat d’occasion d’ailleurs…).
    Un endroit où je ne veux plus du tout, c’est Zara. Je n’aime même plus entrer dans leurs boutiques. Je me suis rendue compte que ce n’était pas une enseigne pour moi quand j’ai trié mon dressing de façon drastique (lors de mon emménagement chez mon mec). J’ai donc remarqué qu’il n’y avait plus aucune pièce Zara dans mon dressing (à part 1 jean qui a 10 ans !) et qu’il y avait sûrement une bonne raison.

    Bref, je trouve toujours ces articles intéressants. Ça fait réfléchir et je me rends compte que je ne suis pas folle de penser comme ça et de donner une si grande importance à la mode et au style.

    Manon

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