Comme vous le savez peut-être depuis maintenant plus d’un an, je n’achète plus aucun vêtement neuf, j’ai quitté mon job dans un grand groupe, je suis quasi végétarienne, je ne prends plus l’avion, je consomme local et de saison et je consomme au global beaucoup moins qu’avant privilégiant les expériences comme le ciné, les expo, les concerts, les cours de couture etc aux achats de nouveaux biens.

Toutes ces résolutions je les ai prises en conscience, sans frustration, juste parce qu’elles me paraissent alignées avec mes convictions et les enjeux que nous allons devoir affronter dans les années à venir.

Je me rends compte au fil du temps, que le voyage longue distance ne me manque pas, que je mange mieux, que je prends plaisir à cuisiner et qu’il est tout à fait possible de continuer à aimer la mode en prônant ces valeurs.

Pourtant je suis loin d’être parfaite, mon cheminement me pose encore de nombreuses questions comme celle de mon besoin de consommation (mode), que je n’arrive pas vraiment à contrôler.

Bien sûr consommer vintage ou seconde-main a bien moins d’impact que consommer neuf, et c’est déjà un grand pas.
Je m’applique également la règle « une entrée = une sortie » pour mon dressing, en gros pour chaque nouveauté, je trie et donne ou revends un vêtement. Cela me permet de ne plus accumuler et de faire tenir mon dressing toutes saisons confondues dans une seule armoire.

Pourtant je n’arrive pas à ne plus avoir sans cesse envie de nouveauté.
Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais en tant que passionnée de mode, je trouve ce besoin très difficile à réfréner.
Je suis de nombreuses filles ultra inspirantes sur les réseaux sociaux et leur style me donne tout le temps envie de rendre le mien encore plus pointu avec de nouvelles pièces.
En gros j’essaye d’atteindre le graal de la garde-robe parfaite, sans y être encore arrivé !

Pourtant j’ai vraiment l’impression de me connaitre de mieux en mieux et d’affiner mon style de jour en jour. Mais les vêtements sont pour moi comme des pâtisseries, ils me font tellement envie et tant plaisir ! Ils sont aussi un vecteur de créativité et d’affirmation de ma personnalité, je ne vais pas le nier !

Et puis, il y a eu le confinement. Cette période entre deux eaux, qui met en perspective ce que nous allons devoir affronter de plus en plus souvent et qui ce qui est vraiment important à nos yeux.

Depuis le début de ce confinement je vis plutôt bien la situation. Je n’ai pas d’angoisses, je suis heureuse, tout en étant consciente de ma situation privilégiée dans un appartement parisien confortable avec un revenu assuré.
Par contre je questionne énormément la suite et les inégalités et dysfonctionnements mis en relief par la crise.
Alors j’essaye de prendre un peu de temps pour lire sur les thématiques qui nourrissent ma réflexion et pour me faire un plan d’action à moyen terme.

Et le shopping dans tout cela ? Et bien si la crise a réveillé certains questionnements, elle a totalement endormi mes pulsions consuméristes ! Moi qui matais Vinted plusieurs fois par jour, qui allais chiner 2 fois par semaine, je me rends compte que je ne suis pas malheureuse en ouvrant mon placard, que je ne me sens pas frustrée et que je n’ai aucune envie de réserver des pièces pour en profiter post confinement.
Je me rends aussi compte que je n’ai pas envie de vous partager des sélections Vinted ou des bons plans shopping mais plutôt des activités manuelles, des livres, des conférences, des films ou des réflexions perso. Encore une fois pas de jugement de valeur, chacun gère à sa façon. Mon essentiel semble simplement s’être déplacé.

Ce n’est pas un challenge que je me suis lancé, juste un constat que je fais. Il n’est ni bien, ni mal. Je crois juste qu’il est en adéquation avec mes « nouvelles » préoccupations : comment réduire les inégalités ? Comment proposer un modèle de société plus respectueux des ressources dont nous disposons et de chaque être humain ? Comment penser la notion de bonheur et de réussite autrement que par la possession et la position sociale ?

Bref je continue à me déconstruire et c’est un chouette travail en ce milieu de trentaine.
Et pour ce qui est du shopping, et bien je verrais si mes anciennes habitudes reviennent dès le confinement levé ou si cette période m’aura prouvé durablement que je peux être épanouie sans acheter aussi régulièrement !

Et vous alors, quel effet a le confinement sur vos envies d’achats ? Vous réservez des tonnes d’articles de peur de passer à côté ou vous vivez très bien le fait de rien acheter ?
Quel est votre rythme d’achat ? Et si vous l’avez considérablement réduit ces dernières années quel a été votre déclencheur ? Je suis curieuse d’avoir vos retours d’expérience sur je sujet !

2 thoughts on “ Comment le confinement questionne mon rapport au shopping … ”

  1. Comme toi normalement je passais énormément de temps sur Vinted, tous les jours, et là plus aucune envie ! Oui j’ai bien une envie ou deux pour quand la vie reprendra son cours, mais pas plus, et ce sont des envies de basiques qui me suivent depuis plusieurs mois d’ailleurs.
    Oui de rester chez soi forcément on fait un peu mois d’efforts… mais je ne passe pas non plus en pyjama et je suis plutôt contente de ce que je trouve dans mon dressing !
    Affaire à suivre donc, j’espère réussir à garder ce rapport plus modéré à Vinted 🙂

  2. Bonjour Myrtille
    Je suis moi aussi en plein questionnement existentiel. Il y a un peu plus d’un an j’ai eu un premier déclic avec le lancement Facebook du mouvement « on est prêt » qui proposait chaque semaine (ou chaque mois je ne sais plus) un défi à relever pour l’environnement. Je me suis mise à me poser des questions que je ne posais pas auparavant (et je ne comprends toujours pas comment je ne me les suis pas posées plus tôt). Progressivement, j’ai diminué mes déchets, j’ai arrêté les supermarchés pour me rendre chez le maraicher bio à côté de chez moi (et moins cher et plus près, vraiment je ne sais pas pourquoi je n’ai pas fait ça plus tôt). Je suis allée chez le boucher et le fromager avec mes Tupperwares, J’ai diminué petit à petit ma consommation de viande. J’ai diminué aussi les cosmétiques que j’utilisais (comment j’ai pu croire un jour que j’avais besoin de 5 produits le matin rien que pour soigner ma peau et la maquiller?). D’ailleurs personne n’a vu la différence niveau maquillage (mais Sephora a du voir la différence, ils ont fait faillite je crois depuis que j’ai arrêté de les dévaliser ;)) J’ai essayé de privilégier autant que possible le vélo, le covoiturage et le train pour mes déplacements (mais habitant à la campagne ce n’est pas toujours facile) et j’ai diminué drastiquement ma consommation de fringues neuves. J’achetais en ligne à un rythme effréné. Je cherchais le vêtement parfait. J’ai essayé de me tourner vers l’achat d’occasion via les dépôts ventes et Vinted. Alors autant pour la nourriture j’ai réussi à changer mes habitudes facilement, autant pour limiter l’achat de vêtements c’est toujours compliqué. Avant le confinement, je vérifiais Vinted 6 fois par jour, je passais des heures à trouver le t shirt parfait, le pull qui ne gratte pas… Tout comme toi le confinement m’a complètement calmée. Et m’a amené à me poser de nouvelles questions. Les questions du : et après ? Comment faire pour améliorer le monde ? Ça fait sourire mon entourage qui pense que rien ne changera. On verra bien. En attendant je vais essayer de changer. J’ai changé hier de fournisseur d’électricité pour me tourner vers l’énergie renouvelable. Je suis en train de me renseigner pour changer de banque pour mon compte épargne. Je vais essayer de travailler plus près de chez moi pour moins prendre la voiture. Peut être faire du bénévolat ? On verra bien. En tout cas je vais essayer de faire en sorte que mon premier acte post confinement ne soit pas un achat vestimentaire mais je ne garanti rien 😉 Désolée pour le pavé 🙂

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